Le principe
Un dirigeant de société peut se constituer une pension complémentaire via l'EIP, financé par son entreprise. Mais l'État ne laisse pas ce levier illimité : il plafonne la pension totale, légale et complémentaire, à un pourcentage du dernier salaire. C'est ce plafond qu'on appelle la règle des 80 %.
- Au-delà du plafondplus de déduction fiscale pour la société
- Marge encore disponiblece que l'EIP peut encore financer
- 2e pilier déjà constituéEIP, PLCI, CPTI, assurance de groupe
- 1er piliervotre pension légale estimée
Représentation schématique : la somme de votre pension légale estimée et de toutes vos pensions complémentaires (EIP, mais aussi PLCI si vous en avez une) ne peut, une fois projetée à l'âge de la retraite, dépasser 80 % de votre dernière rémunération brute normale.
Ce plafond n'est pas une case à cocher une fois pour toutes : il se recalcule à chaque évolution de votre carrière, de votre rémunération, ou de vos plans de pension existants. C'est pour cette raison qu'on parle d'un calcul, pas d'un montant fixe valable pour tout le monde.
Concrètement, comment ça se calcule
Dans les grandes lignes, le levier principal est votre carrière : on compare les années que vous avez déjà prestées, plus celles qu'il vous reste à prester jusqu'à la retraite, à la durée d'une carrière complète (actuellement 40 ans). Ce ratio, noté N/D, réduit votre marge proportionnellement : une carrière complète (N/D = 1) ouvre toute la marge théorique des 80 % ; une carrière plus courte la réduit d'autant.
Cette marge se calcule sur 80 % de votre dernière rémunération, moins votre pension légale ; on lui retire ensuite ce que représentent déjà vos plans du 2e pilier : EIP, PLCI, CPTI, assurance de groupe. C'est tout le principe, et une PLCI personnelle s'y impute exactement comme un EIP (voir notre page sur l'épargne via l'activité professionnelle). Le 3e pilier (épargne-pension) et le 4e (épargne libre) n'entrent jamais dans ce calcul.
Cette version simplifie un point : le calcul légal exact convertit aussi cette marge en capital au moyen d'un coefficient propre à votre situation, détaillé ci-dessous.
Le calcul complet, pour aller plus loin
La formule officielle affine ce principe avec plusieurs variables propres à votre carrière et à votre situation familiale :
- R : votre dernière rémunération brute annuelle normale.
- PL : votre pension légale estimée, forfaitairement calculée à 25 % de R (entre environ 12 731 € et 16 124 € selon votre statut, isolé ou ménage).
- N / D : vos années de carrière prestées et à prester (maximum 40) rapportées à la durée complète d'une carrière (40 ans).
- Un coefficient de conversion : fixé par la loi, variant entre 11 et 19 selon votre âge et votre situation familiale, qui convertit la rente calculée en équivalent capital.
La marge maximale de capital pension complémentaire déductible s'obtient alors ainsi : [(80 % × R − PL) × N/D − rente des autres pensions du 2e pilier déjà constituées] × coefficient. C'est ce calcul-là, propre à votre dossier, que nous établissons avec les cinq documents ci-dessous. La version simplifiée plus haut ne donne qu'un ordre de grandeur.
Les documents nécessaires pour un calcul précis
Pour chiffrer votre marge exacte plutôt qu'une estimation approximative, nous avons besoin de cinq éléments :
Votre état civil
Nécessaire pour déterminer votre âge légal de la retraite et tenir compte, le cas échéant, de votre situation familiale dans le calcul.
Le dossier « Ma Pension Complémentaire » des 3 dernières années
Disponible sur MyPension.be. Il liste les capitaux du 2e pilier déjà constitués à votre nom (EIP, assurance de groupe ou PLCI), indispensables pour ne pas recalculer une marge que vous avez déjà utilisée.
Une capture d'écran complète de « Ma Pension légale » sur MyPension.be
L'écran entier, date et heure affichées en bas de l'écran comprises. Cette estimation évolue avec votre carrière et la réglementation ; la dater permet de savoir si elle est encore valable ou si le calcul doit être rafraîchi.
Une copie de votre carte d'identité
Pour l'identification du dossier et le calcul de votre âge exact de liquidation.
Votre historique de carrière
Un extrait MyCareer.be convient très bien. Il retrace les années prises en compte pour la pension légale et sert de base au calcul du backservice éventuel.
Ces documents nous permettent de chiffrer une marge réelle, propre à votre dossier, pas une fourchette théorique. Aucun d'entre eux ne nous est demandé pour un autre usage que ce calcul.
Ce qui se passe une fois les documents réunis
Lecture de votre situation actuelle
Pension légale estimée, pensions du 2e pilier déjà constituées (EIP, PLCI), carrière prestée.
Calcul de la marge disponible
Projection jusqu'à l'âge de la retraite, application du plafond des 80 % sur votre rémunération de référence.
Vérification du backservice
Marge de rattrapage sur vos dix dernières années de carrière antérieure, si elle n'a pas été utilisée.
Recommandation chiffrée
Montant de prime EIP annuel maximal déductible pour votre société, et éventuel arbitrage sur une PLCI existante.
« Sans les bons documents, on donne une fourchette. Avec, on donne un chiffre. »
La règle des 80 % n'est pas compliquée dans son principe, mais elle est précise dans son calcul : deux dirigeants au même salaire peuvent avoir des marges totalement différentes selon leur carrière et ce qu'ils ont déjà constitué. La capture d'écran datée de MyPension.be, en particulier, évite une erreur fréquente : recalculer sur une estimation de pension légale qui a plusieurs années et qui ne reflète plus la réalité.
Questions fréquentes
La règle des 80 % s'applique-t-elle à tout le monde ?
Sur quelle rémunération se base le calcul ?
Pourquoi mon courtier me demande-t-il une capture d'écran de MyPension.be avec la date et l'heure ?
Que se passe-t-il si je dépasse la règle des 80 % ?
Faites calculer votre marge exacte
Réunissez les cinq documents ci-dessus et prenez rendez-vous : on vous donne un chiffre, pas une fourchette.
À lire aussi
Cette page a une vocation informative et ne constitue ni un conseil personnalisé au sens de la loi du 4 avril 2014, ni un conseil fiscal individualisé. Le mécanisme décrit est celui en vigueur en 2026 et peut évoluer ; l'exemple chiffré est simplifié et ne remplace pas un calcul réel sur votre dossier.